Akrame a une seconde étoile depuis cette année. Certains trouvent cela mérité, d'autres que c'est trop rapide ... Personnellement, j'ai adoré mes 2 premières visites, alors, direction la rue Lauriston pour une nouvelle dégustation.

Tout d'abord, le premier changement est dans la salle, avec moins de table, et donc plus d'espace et un sentiment d'intimité plus fort qu'avant. De fait, c'est aussi moins bruyant. Ensuite, Akrame est très présent en salle pendant le service. Comme il nous l'a lui-même dit : j'ai conçu les plats, et j'ai une brigade de haut niveau qui se les ait appropriés.

Pour commencer, nous prenons une coupe de champagne qui sera accompagnée par 3 amuses bouches très réussis et surprenant : un cube d'ananas façon piña colafa, une tuile parmesan sardine déguisée en Oréo, et une brioche au Comté.

Nous avons choisi le menu en 6 services, avec comme seule décision du ris de veau en plat principal. C'est parti ...

1

Velouté et émulsion de courge, avec pépins torréfiés, oursin et mimolette glacée. Très réussi et subtil ; il n'y a pas trop d'oursin, ce qui aurait écrasé le plat.

2

Huitre, citron et noisettes. Très surprenant, avec le citron qui a été confit. La noisette se marie bien à l'ensemble.

3

Saint jacques en 2 façons (crue et barbecue), épinards. J'ai adoré. Cuisson parfaite au barbecue, avec un petit goût de grillé qui réhausse le tout. La sauce, avec du citron caviar est délicieuse.

4

Homard cuit minute dans un bouillon, coing. Juste parfait. 3ème meilleur homard derrière Guy Savoy et Pierre Gagnaire, c'est dire !

5

Bar, poireau et beurre noisette. Très bon plat, même si un peu en deçà du homard et de la saint Jacques. La feuille de poireau est très intéressante.

6

Mûre, vinaigre de pomme, huile au poivre, dans un glaçon. Cette huile au poivre apporte de la puissance qui vient en contrepoint de la fraîcheur glacée du fruit. Surprenant et très bon !

8

Ris de veau, pomme de terre, et, surprise, chocolat blanc. Le mariage est osé, mais fonctionne très bien. La cuisson de la viande est parfaite : croustillant dehors, moelleux dedans.

9

Le fromage : tête de Moine et betterave. Sympathique, mais pas forcément transcendant. Permet une belle transition vers le dessert.

10

Le trio de dessert : chocolat noir et charbon de bambou, raviole de poire et noix avec sorbet à la bière, mangue avec un flan pâtissier et du piment. Trois préparation très réussies, qui permettent de conclure en beauté un excellent dîner.

Nous avons accompagné ce repas d'un accord mets/vins en 4 verres pour moi, et en 2 pour mon épouse. Le sommelier, fort sympathique, nous en a offert un dernier avec le dessert. Il faut dire que j'ai lamentablement échoué à reconnaître les verres proposés, même le Meursault (honte à moi !).

Avec 2 cafés, l'addition a su rester correcte à 420€. On reste donc, malgré la seconde étoile, dans une gamme de prix très intéressante vue la qualité proposée, avec une augmentation à mon sens justifiée par rapport à ma dernière visite. La cuisine du chef a gagné en maturité, utilise des produits nobles, avec des plats peut être moins nombreux, mais un peu plus copieux.

Une mention spéciale pour le service, efficace tout en étant décontracté : on passe un excellent moment en évitant le côté coincé que peuvent parfois avoir les grands restaurant.

Bilan : la seconde étoile est méritée, et les plats proposés sont travaillés, imaginatifs, et cohérents dans leur construction. Akrame reste donc une de mes adresses préférées de Paris.